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serguei3Comment êtes-vous devenu écrivain ?

 

J’ai commencé à écrire très tôt, à l’âge de 12 ans. A cette époque j’étais sportif, j’étais un nageur de compétition. Le soir je m’entraînais, j’aurais dû être fatigué, mais je lisais beaucoup avant de dormir. Et un jour, je me suis mis à écrire, quelque chose qui ressemblait à de la poésie. Ma mère m’a encouragé, alors j’ai continué pendant des années. Mais attention, je ne faisais qu’écrire, être publié, c’est une autre histoire !

 

Quel était votre métier rêvé ?

 

Rock star ! Je voulais être les Rolling Stone à moi tout seul ! Au collège avec un copain, nous avons créé un groupe de rock qui a fonctionné pendant 10 ans. Je chantais mes textes. C’était assez proche du Blue’s, nos chansons racontaient une histoire, avaient une chute. C’est comme cela que j’en suis venu à écrire des livres. Je rêvais de faire de la musique toute ma vie. A aucun moment je n’ai pensé devenir écrivain. Par contre, j’étais persuadé être un grand poète. Bon, ça reste à prouver…j’avais un égo un peu surdimensionné ! Mais je lisais beaucoup de poésie.

 

 

Ecrivain, est-ce votre seul métier ?

 

J’interviens aussi dans des établissements scolaires, dans des prisons, pour animer des ateliers d’écriture. Ces interventions sont rémunérées. Je fais des conférences aussi. Je vis de ça, de l’écriture, depuis 10 ans environ. Avant, j’étais intermittent du spectacle : j’ai été machiniste, au cinéma et au théâtre, plus particulièrement cintrier. J’aimais beaucoup ça, il s’agissait de faire descendre les décors, les rideaux sur scène. J’ai aussi été intermittent en tant que musicien, je touchais des petits cachets pour des concerts…

 

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Est-ce difficile d’écrire ?

 

Oui, c’est dur ! mais c’est avant tout une passion. J’ai la chance d’être publié et que mes textes plaisent. Il y a des moments difficiles. Je travaille à ‘ordinateur directement. Parfois, je reste bloqué sur la dernière phrase de la veille, et ça ne vient pas. Mais je m’accroche, et ça redémarre. Se battre avec le texte, ça aussi c’est génial ! Certaines fois, j’ai besoin de retravailler un passage en entier.

 

Est-ce plus facile d’écrire pour les jeunes ?

 

Quand j’ai commencé à écrire, dans ma tête je m’adressais à des lecteurs, donc à des grands. Mais à force de côtoyer des collégiens, j’ai ressenti le besoin d’écrire quelque chose qui leur soit destiné. Le premier livre s’appelait « Plongée en eaux troubles ». Il a été bien reçu dans le monde de la littérature de jeunesse, alors j’ai continué.

 

Comment fait-on pour trouver un éditeur ? Etes-vous toujours avec le même ?

 

C’est compliqué. Au début je n’écrivais que des nouvelles. Le premier manuscrit que j’ai voulu publier, c’était un recueil de nouvelles. Je l’ai envoyé par la poste à plein de maisons d’édition. Certaines m’ont répondu avec une lettre de refus standard, assez décourageante ; mais de grosses maisons d’éditions m’ont fait des réponses plus personnalisées en m’expliquant que mon style, mon ton, ma verve méritaient que je m’essaye au roman, car on ne peut pas publier un inconnu avec des nouvelles. En France, ce genre ne marche pas tellement bien, contrairement aux Etats-Unis. Alors, au bout de deux ans, j’ai décidé de retravailler l’une de mes nouvelles en roman. Je savais que ça pouvait marcher, car j’avais déjà été publié dans des magazines. J’ai de nouveau posté mon manuscrit, et là, ça a marché. On a publié mon livre. J’avais un éditeur, je pensais que tout allait être plus facile ; mais mon deuxième roman a été refusé, car ma maison d’édition ne voulait pas faire de polar. Alors j’ai de nouveau envoyé le manuscrit par la poste en visant les éditions qui font du polar. C’est comme ça que j’ai été pris chez Fleuve Noir.

Pour les éditions jeunesse, j’en ai 3 différentes. Mais les adultes, j’en ai plus d’une dizaine, ce qui est peu fréquent chez les écrivains.

 

Quelle émotion éprouve t-on quand on écrit un livre qui a du succès ?

 

J’ai eu beaucoup d’émotion avec « le Marabout de Barbès » lors du salon du livre de Montigny. J’étais là, mais je ne m’attendais pas à recevoir un prix. Quand j’ai entendu mon nom et que je suis monté sur scène recevoir mon prix et mon chèque, j’étais vraiment très ému. C’est la reconnaissance de tout un travail, c’est important. Recevoir un prix permet de doper les ventes : vous voyez, la couverture du livre a changé 3 fois ; ça veut dire qu’on en est au troisième tirage, le livre marche bien.

 

A votre avis, quel est votre meilleur livre ?

 

Il faut distinguer le secteur jeunesse et adulte. Chez les jeunes, c’est « Le marabout » ; je trouve que j’ai vraiment bien réussi l’histoire, et puis c’est dans ce livre qu’apparaissent pour la première fois Jef et Niki. En plus ce livre touche une large tranche du public : il peut se lire de la fin du primaire jusqu’en 5° , je trouve ça super.

Chez les adultes, il s’agit de « Odyssée Odessa ». Odessa est la ville de mes grands-parents paternels.

 

Y aura t-il d’autres aventures de Niki et Java ?

 

Le principe de cette série, c’est une aventure dans chaque arrondissement de Paris. Il en reste 17 …si je ne suis pas mort avant !! Ils seront toujours tous les deux, je ne conçois pas de les séparer.

 

Quel est votre style de musique préféré ?P1090859

 

Vous avez compris que j’adore le rock…je pense que c’est générationnel. C’était un phénomène urbain comme l’est le rap actuellement. J’ai aimé le rap à ses débuts, le rap américain, mais maintenant beaucoup moins. Le slam me correspondrait mieux. Mais je suis très ouvert, j’aime écrire en écoutant de la musique. J’aime la country, mais aussi la salsa et la musique latino en général. Je suis allé deux fois à Cuba, j’ai adoré.

 

Habitez-vous Paris ?

 

Je suis né dans le 11ème arrondissement, à proximité du Père Lachaise. C’est le lieu de la deuxième aventure de Niki Java. Ce cimetière est le plus grand de France, mais il est surtout très beau. Il est construit sur un grand parc et des tas de gens célèbres y sont enterrés. C’est un musée à ciel ouvert. Il y a 22 ans j’ai quitté Paris pour m’installer près de Montpellier. Mais j’y retourne régulièrement pour mon travail et pour voir ma famille. Cela me manquerait de ne pas y retourner de temps en temps.

 

Est-ce que vous aimeriez que les aventures de Niki deviennent un scénario de film ?

 

Bien sûr ! Cela voudrait dire que je deviens célèbre ! Tous les auteurs aimeraient ça. Même si on ne nous demande pas de participer à la rédaction du scénario, on touche des droits d’auteurs. Mais c’est très compliqué, le cinéma est une industrie, il y a beaucoup d’argent en jeu. L’auteur ne peut pas intervenir dans la décision de faire ou non le film. Mon livre « Odyssée Odessa » a eu 3 options d’adaptation au cinéma. Le casting était fait, le projet était très avancé. Mais il a « capoté » à cause d’une histoire de cascade.

 

Est-ce que l’on peut prendre sa retraite lorsqu’on est écrivain ?

 

J’espère pouvoir écrire jusqu’à ma mort. Je cotise pour ma retraite, mais elle sera toute petite. Je n’envisage pas de cesser d’écrire un jour. C’est un métier artistique, de création. On ne peut pas s’arrêter, à moins d’y être obligé pour des raisons de santé.

 

Comment avez-vous choisi les noms de vos personnages ?

 

Jef, c’est le diminutif de Jean-François, mon copain s’appelle comme ça. Niki, parce qu’il me fallait un prénom court, facile à retenir. Java, c’est un clin d’œil à Paris. La Java est une vieille danse parisienne, apparue vers 1930. Vous connaissez ? ça vous ferez rire : l’homme tient les fesses de sa partenaire avec ses deux mains. C’est une danse populaire et un peu coquine qu’on dansait dans les guinguettes.

 

Pourquoi avoir choisi la Butte aux Cailles pour cette aventure ?

 

Je connais bien ce quartier, car j’avais des amis qui y habitaient. C’est très particulier. Tout le 13ème arrondissement n’est pas comme ça, mais ce quartier est un village, il n’y a pas d’immeuble, ce ne sont que des petites maisons et des petites rues. C’est très pittoresque.

 

Y a t-il des éléments réels dans cette histoire ?

 

Dans celui-ci pas particulièrement. Mais dans le premier de la série, « le Marabout de Barbes », il y a un épisode en particulier qui correspond à un souvenir. Niki et Jef se retrouvent sur les toits, Niki glisse et manque de faire une chute vertigineuse. Et bien, ça s’est réellement passé : j’ai failli tombé du haut de 7 étages…bon, ceci dit, je n’avais rien à faire sur le toit !

 

Avez-vous eu besoin de faire des recherche sur la nation Zulu pour construire l’histoire ?

 

Non, pas vraiment, car je connais bien les Zulus et c’est la raison pour laquelle j’ai choisi ce thème. J’ai vérifié dans des livres que je ne disais pas de bêtises. Le mouvement zulu était vraiment sympathique à ses débuts et véhiculait des messages positifs.

 

Pourquoi avoir ajouté des scènes violentes dans cette histoire ?serguei5

 

Je veux décrire une réalité ; le monde est relativement violent, je ne voulais pas aseptiser mon propos sous prétexte qu’il s’adresse à des jeunes. C’est une histoire réaliste et sociale. Le monde est comme ça, vous le savez, vous le voyez autour de vous.

 

Est-ce que le bar « les amis de la police » existe ?

 

Non, je me suis amusé à faire du patron du bar un ancien voyou, dont les clients principaux sont des flics, et qui n’arrête pas de picoler. C’est l’occasion de construire des dialogues amusants avec Niki et Jef….attention, ça ne veut pas dire que tous les patrons de bar sont des ivrognes !

 

Auriez-vous aimé vivre les aventures de Niki ?

 

Non, je préfère les écrire ! Je serais sans doute mort depuis longtemps ! En littérature comme au cinéma on peut s’autoriser plein de chose, impossible dans la réalité.

 

Etes-vous plutôt Niki ou Jef ?

 

Je suis les 2, pas un plus que l’autre. Ils marchent ensemble.

 

Pourquoi ne pas avoir utilisé le vrai nom de NTM ?

 

J’ai trouvé plus amusant de prendre le contre-pied du groupe fétiche des rappeurs avec « aime ta mère ». En plus si on le dit très vite, on n’entend à peine la différence. Ma propre directrice de rédaction a cru que je m’étais trompé ! Le groupe à l’époque a utilisé ce nom pour faire parler de lui, c’était une provocation pour faire parler d’eux…

 

Avez-vous des enfants ?

Oui, j’ai deux grandes filles. Elles figurent dans l’un de mes livres d’ailleurs…

 


 

Un grand merci à Sergueï pour sa venue, sa gentillesse, sa patience aussi ! Nous allons suivre de près cet auteur fort sympathique et attendons avec impatience le prochain volet des aventures de Niki Java.

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